Où jadis les belles écoutaient nos sonnets
Et ne s’offusquaient point qu’on leur parle d’amour
Rougissaient à dessein qu’on leur fasse la cour
Il est des heures exquises en des soirées magiques
Où l’esprit des poètes rimait avec musiques
Inspiré par le beau, le subtil et la joie
Quand le vers déclamé portait celui qu’on boit ...
Il est des instants rares où se croisent les cœurs
Où peut être un moment dépourvu de la peur
Quand le ravissement l’emporte sur le doute
Aspiré par l’envie qui nous montre la route
Il est des siècles enfin perdus dans la tourmente
Où l’homme replié dans la haine naissante
S’écarte du destin voué à félicité
Sombre dans l’anarchie, péril de la cité
Du temps jadis qu’on peut le souvenir remonte
Il efface pourtant le regret et la honte
Car l’homme est ainsi fait qu’il espère toujours
Des cieux plus lumineux qu’on peut revoir un jour.


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